Black Herald Press at Berkeley Books of Paris

Berkeley Books of Paris 8, rue Casimir Delavigne 75006 Paris http://www.facebook.com/BBoParis

Books displayed: 

The Black Herald #5

The Black Herald #3

Ex Nihilo, Paul Stubbs (Black Herald Press, 2010)

Flesh, Paul Stubbs (Black Herald Press, 2013)

The End of the Trial of Man, Paul Stubbs (Arc Publications, 2015)

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“revue inclassable et porteuse de mouvements”

à propos du Black Herald
note parue dans “cahier critique de poésie” n° 26 (décembre 2013)
http://www.cipmarseille.com/publication_fiche.php?id=be66b55c8fbe31d67189b17782f5c31c

 

http://blackheraldpress.wordpress.com/magazine/

 

CCP 26

à propos du Black Herald, livre organique (par Michel Gerbal)

Nous reproduisons ci-dessous un texte de Michel Gerbal, publié sur son blog.

“La revue le Black Herald  constitue, de chacun de ses numéros, jusqu’à celui-ci, le #4 inclu,  un livre. C’était frappant déjà pour le numéro précédent: la perception immédiate d’un ou plusieurs fils à la fois suffisamment souterrains et éloquents pour faire de ce qui, sans eux, n’auraient été qu’une mise en côte-à-côte de textes, un livre. Nommer ces fils n’a rien d’évident – à l’instar d’un bon livre dont le fil directeur ne se laisse pas résumer. Il y avait pourtant une atmosphère de cendres, de séismes plus ou moins enfouis, une violence à l’oeuvre ou à la question, une rumeur de destruction, post-apocalyptique, jusque au coeur des tableaux de famille.
Les textes du Black Herald se déploient autour d’une problématique – qui n’a rien d’un jeu d’intellectuel, et pour les meilleurs textes – seulement incidement “littéraires” -, une charge affective faudrait-il dire plus justement: ce qui constitue bien le propre d’un livre – digne de ce nom – un livre qui n’est pas une thèse.
Pas de doute à mes yeux: si les artisans du Black Herald parviennent ainsi à composer un tel ensemble organique, c’est que eux-même sont des créateurs – et qu’un créateur ne peut pas faire autrement que répondre de manière quasiment instinctive à l’injonction d’ordonner-et-faire-sonner les éléments dont il dispose ( et qu’il ne choisit pas nécéssairement ) de la manière la plus complexe possible. Ce qui revient à dire: en évitant la banalité d’un thème trop explicité, du chemin d’avance connu. La grande littérature est toujours complexe – à ne pas confondre avec compliqué: elle est complexe d’une complexité comparable à celle d’un système immunitaire, qui se rend apte à répondre à des stimuli externes de formes inconnues à lui-même, des formes qu’il n’a jamais rencontré, en nombre et en variété immenses et mouvants – et ce à partir de quelques éléments limités en nombre: la vraie littérature est une invention de la complexité à partir d’une simplicité relative. Et le résultat de cette opération – un résultat nommé “poème” – est l’équivalent psychique d’une machine organique capable d’inter-réagir aux sollicitations, inouïes, de chaque lecteur, à partir d’une quantité forcément limitée de mots et de phrases. De même, l’assemblage psychique du lecteur est provoqué par le poème, caressé et menacé par lui, et lire – cela consiste à désirer d’abord, puis répondre aux sollicitations du livre, de telle manière qu’entre les combinaisons de l’un et de l’autre, il se passe à peu près ce qui se passe entre deux escargots, chacun à la fois mâle et femelle, au moment de copuler: qui est l’un, qui est l’autre, à cet instant, qui pénètre, qui pénétré, ou encore, semblable, lors d’un orage d’été,  aux grandes décharges éléctriques au sein des masses nuageuses.
Le Black Herald n’est pas une revue ( un livre ) facile. Ce n’est pas tant que chaque texte soit en fait volontairement abscons; ni même, la difficulté – à mes yeux passionnante mais réelle – du multilinguisme. Mais c’est que chaque texte choisi est suffisamment exigeant et maitrisé pour imposer sa propre approche, ses propres rythmes de lecture, son univers particulier. C’est aussi, et surtout, que l’on sent bien ce ou ces fils dont je parlais au début. La perception à la fois vague et tenace de cette unité rend d’autant plus intrigants, provocateurs, les sautes ” stylistique” d’une partie à l’autre de l’ensemble. Or c’est précisément ce qui fait du Black Herald jusqu’à présent à chaque fois un vrai livre: un ensemble avec failles et agglomérats, et – tout porteur de souffle et de sens. Et par “souffle” et “sens” – ( mais je développerais cela peut-être une autre fois ), ce n’est pas métaphoriquement que je l’entends. “

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The Black Herald
Literary magazine – Revue de littérature

Issue #4 – October 2013 – Octobre 2013
164 pages – 15€ / £12.90 / $20 – ISBN 978-2-919582-06-8 (ISSN 2266-1913)

Poetry, short fiction, prose, essays, translations.
Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

With / avec Steve Ely, Pierre Cendors, Edward Gauvin, Paul B. Roth, Jean-Pierre Longre, Rosemary Lloyd, Boris Dralyuk, Paul Stubbs, Georgina Tacou, John Lee, Cristián Vila Riquelme, Philippe Muller, Michael Lee Rattigan, Desmond Kon Zhicheng-Mingdé, Vasily Kamensky, David Shook, Oliver Goldsmith, Michel Gerbal, Gary J. Shipley, Anthony Seidman, Fernando Pessoa, Cécile Lombard, Anne-Sylvie Salzman, Heller Levinson, Jorge Ortega, Blandine Longre et des essais sur / and essays about Robert Walser, Arthur Rimbaud, Raymond Queneau, E.M. Cioran. ImagesRaphaël Lugassy, Pierre Cendors. Design: Sandrine Duvillier.

Pour en savoir plus (contributeurs, sommaire, etc.)

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The Black Herald 4 (2013)

Vient de paraître / just released

The Black Herald
Literary magazine – Revue de littérature

Issue #4 – October 2013 – Octobre 2013
164 pages – 15€ / £12.90 / $20 – ISBN 978-2-919582-06-8 (ISSN 2266-1913)

Poetry, short fiction, prose, essays, translations.
Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

With / avec Steve Ely, Pierre Cendors, Edward Gauvin, Paul B. Roth, Jean-Pierre Longre, Rosemary Lloyd, Boris Dralyuk, Paul Stubbs, Georgina Tacou, John Lee, Cristián Vila Riquelme, Philippe Muller, Michael Lee Rattigan, Desmond Kon Zhicheng-Mingdé, Vasily Kamensky, David Shook, Oliver Goldsmith, Michel Gerbal, Gary J. Shipley, Anthony Seidman, Fernando Pessoa, Cécile Lombard, Anne-Sylvie Salzman, Heller Levinson, Jorge Ortega, Blandine Longre et des essais sur / and essays about Robert Walser, Arthur Rimbaud, Raymond Queneau, E.M. Cioran. ImagesRaphaël Lugassy, Pierre Cendors. Design: Sandrine Duvillier.

Pour en savoir plus (contributeurs, sommaire, etc.)
More information (contributors, contents, etc.)

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To order the issue / Pour commander le numéro

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Outlines for submissions

Due to the great volume of uninformed and inappropriate submissions that we keep receiving, please read our submission guidelines more carefully as well as the following pieces of advice:

1. If you wish to submit either a gardening poem or a tourist article, then submit it to either a gardening-friendly poetry magazine or a tourist magazine. The same applies to children’s poetry, poetry that should stay in a diary, film reviews, etc. etc. So as to understand what we actually publish, see below.

2. Please read at least one issue of the magazine before submitting work. How can some writers expect an editor to get interested in their work if they are basically uninterested in the magazine they’d like to be published in and/or indifferent to its contents? Baffling.

In the same way, we take it as the height of rudeness that some people submitting work to the magazine cannot even be bothered to take 5 minutes to check who they are writing to. Amongst the laziest and most annoying messages are those beginning with “To whom it may concern” (for it may not concern us), “Hi there!”, “Hello folks”, or with a copied and pasted bio.

3. It is not necessary to mention any writing workshops, poetry ‘surgeries’ or creative classrooms you might have participated in: our viewpoints on such practices are clearly stated in the Editorials, which can be read online.

4. In the same vein, long lists of magazine appearances are of no interest to us. So please keep it short and send a short factual biography/bibliography (not more than 4 lines).

5. Do not send fifty pages of a work enquiring if “esteemed editors” want to publish you in their “publishing firm”. We are not a publishing “firm” and we do not accept unsolicited manuscripts.

The Black Herald, issue 3

The Black Herald, issue 3

 

The Black Herald in New York

The Black Herald 3 is available at

Book Culture
536 West 112th Street, New York

http://www.bookculture.com/

McNally Jackson Bookshop
52 Prince Street, New York

http://mcnallyjackson.com/about-us

and to purchase it online

http://blackheraldpress.wordpress.com/buy-our-titles/

Librairie Point D’encrage

Une nouvelle librairie vient d’ouvrir à Lyon !
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Point D’encrage
73 rue Marietton 69009 LYON
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On y trouvera très prochainement nos ouvrages ainsi que le BLACK HERALD.
pour en savoir plus, petite présentation sur le blog de Romain Verger
et pour suivre les actualités de la librairie sur Facebook
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Greer Mansfield interviews Paul Stubbs, poet & editor of The Black Herald / Bookslut, Oct. 2012

“Glancing at my map of current English-language poetry, one of the most tantalizing regions is one that — at least in my school of cartography — is centered around a magazine called the Black Herald. Edited by poets Paul Stubbs and Blandine Longre, it is a concourse for strong and original English-language poetry, publishing interesting new poets like Will Stone, Mark Wilson, and Siddhartha Bose. It has also published more established writers (Clayton Eshleman being an example), and it maintains a constant dialogue with the dead. Or perhaps more accurately: the “dead,” because in its pages the likes of Hart Crane, W.S. Graham, Cesar Vallejo, Georges Rodenbach, Osip Mandelstam, August Stramm, and James Joyce are blazingly alive in the company of the newer writers. (…) In addition to editing a quality literary magazine and publishing interesting writers new and old, Stubbs happens to be one of our day’s most striking and original English-language poets. His poems are metaphysical but visceral; they are often written in a jagged syntax, but they carry themselves in a rich, full-voiced music.”

(Greer Mansfield, Bookslut, October 2012)

To read the interview

http://www.bookslut.com/features/2012_10_019467.php

L’écume des pages

Le numéro 3 du Black Heraldrevue de littérature,

est en vente à L’ÉCUME DES PAGES

174, boulevard Saint Germain, Paris VIe

la librairie est ouverte tous les jours de 10h à minuit (22h le dimanche).

http://blackheraldpress.wordpress.com/buy-our-titles/

The Black Herald 3 –

The Black Herald
Literary magazine – Revue de littérature

Issue #3 – September 2012 – Septembre 2012
190 pages – 15€ / £13 / $19 – ISBN 978-2-919582-04-4

Poetry, short fiction, prose, essays, translations.
Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

With / avec W.S. Graham, Gregory Corso, Andrew Fentham, Louis Calaferte, Iain Britton, Jos Roy, Tristan Corbière, Michael Lee Rattigan, Clayton Eshleman, Denis Buican, John Taylor, César Vallejo, Anne-Sylvie Homassel, Cécile Lombard, Gary J. Shipley, Rosemary Lloyd, Bernard Bourrit, Mylène Catel, Nicolas Cavaillès, Ernest Delahaye, Sébastien Doubinsky, Gerburg Garmann, Michel Gerbal, Allan Graubard, Sadie Hoagland, James Joyce, João Melo, Andrew O’Donnell, Kirby Olson, Devin Horan, Dominique Quélen, Nathalie Riera, Paul B. Roth, Alexandra Sashe, Will Stone, Anthony Seidman, Ingrid Soren, August Stramm, Pierre Troullier, Romain Verger, Anthony Vivis, Elisabeth Willenz, Mark Wilson, Paul Stubbs, Blandine Longre et des essais sur / and essays about Charles Baudelaire, Francis Bacon. ImagesÁgnes Cserháti, Olivier Longre, Will Stone, Devin Horan. Design: Sandrine Duvillier.

The Black Herald is edited by Paul Stubbs and Blandine Longre
Comité de Rédaction : Paul Stubbs et Blandine Longre

 Now available / Disponible 

The Black Herald – 3

Le numéro est disponible en pré-commande.

The issue is now available for pre-order.

http://blackheraldpress.wordpress.com/buy-our-titles/

The Black Herald 3

The Black Herald

Literary magazine – Revue de littérature

Issue #3 – September 2012 – Septembre 2012

190 pages – 15€ / £13 / $19 – ISBN 978-2-919582-04-4

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Poetry, short fiction, prose, essays, translations.

Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

http://blackheraldpress.wordpress.com/magazine/the-black-herald-3/

THE BLACK HERALD – 3

Forthcoming / à paraître

The Black Herald

Literary magazine – Revue de littérature
Issue #3 – September 2012 – Septembre 2012
185 pages – 15€ / £13 / $19 – ISBN 978-2-919582-04-4

Poetry, short fiction, prose, essays, translations.
Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

With / avec W.S Graham, Gregory Corso, Andrew Fentham, Louis Calaferte, Iain Britton, Jos Roy, Tristan Corbière, Michael Lee Rattigan, Clayton Eshleman, Denis Buican, John Taylor, César Vallejo, Anne-Sylvie Homassel, Cécile Lombard, Gary J. Shipley, Rosemary Lloyd, Bernard Bourrit, Mylène Catel, Nicolas Cavaillès, Ernest Delahaye, Sébastien Doubinsky, Gerburg Garmann, Michel Gerbal, Allan Graubard, Sadie Hoagland, James Joyce, João Melo, Andrew O’Donnell, Kirby Olson, Devin Horan, Dominique Quélen, Nathalie Riera, Paul B. Roth, Alexandra Sashe, Will Stone, Anthony Seidman, Ingrid Soren, August Stramm, Pierre Troullier, Romain Verger, Anthony Vivis, Elisabeth Willenz, Mark Wilson, Paul Stubbs, Blandine Longre et des essais sur / and essays about Charles Baudelaire, Francis Bacon. ImagesÁgnes Cserháti, Olivier Longre, Will Stone, Devin Horan. Design: Sandrine Duvillier.

The Black Herald 3

The Black Herald is edited by Paul Stubbs and Blandine Longre

Comité de Rédaction : Paul Stubbs et Blandine Longre

http://blackheraldpress.wordpress.com/magazine/the-black-herald-3/

Le BH2 vu par le Visage Vert

“Mais ce sont les œuvres — poèmes, nouvelles, essais — qui priment avec, pour seul commentaire, la traduction (puisque l’un des principes duBlack Herald est de publier tous ses textes au moins en français ou en anglais, quelle qu’en soit la langue originale, de toute façon toujours restituée.) Le seule exception, déjà citée, est l’introduction de Stubbs (on peut la lire ici), laquelle réaffirme la primauté des voix sur les auteurs eux-mêmes et préconise leur émergence, “sur la rive opposée à l’égotisme contemporain“. À cette lumière, et bien loin du narcissisme sans joie où s’embourbent nombre de revues ou de magazines littéraires, on ira donc, dans ce deuxième numéro du Black Herald, chercher des voix dont le seul point commun est probablement de ne jamais s’écouter parler (ce qui les rapproche, toutes poétiques qu’elles soient, de la littérature de genre si chère au Visage vert).”

à lire sur le blog du Visage Vert, revue et éditeur.

The Black Herald – Issue #2

Photomontage by ParisLike from “À bout de souffle / Breathless” (1960) by Jean-Luc Godard

The Black Herald 3

Submissions for the magazine

The Black Herald welcomes  submissions of poetry, short fiction (or novel extracts) and literary essays.

IMPORTANT NOTICE

Before sending any work, we advise writers to browse our websiteour blog and of course read our previous issues (and the editorials – issue 1 issue 2) so as to gauge the kind of work we publish.

Closing date for submissions issue #3 (2012) will be 31st of March 2012.

Detailed guidelines here

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Proposer des textes

Poésie, fiction courte (ou extraits), essais littéraires.

IMPORTANT

Avant de nous proposer des textes, nous conseillons vivement de visiter notre site, notre blog, de lire les articles et entretiens en ligne, et bien entendu de découvrir les numéros précédents (et les éditoriaux – numéro 1 numéro 2), afin de vous faire une idée précise de ce que nous publions.

Réception des textes pour le numéro 3 : le 31 mars 2012 au plus tard. 

Pour plus de détails

 

The Black Herald #2: Carbon based passion – Part 2 – by Lisa Thatcher

Second instalment of Lisa Thatcher’s review

“Language forms the imprint of our neural pathways in the carbon of our makeup. It is the power that reminds us chance and chaos only appear to be in control. The poets calling is to reach the place when the words only bare a family resemblance to each other. To find in each word, its own throbbing core, linked to all cores. The seed of an evolution of the human mind.”

to read the review

to read the first instalment

Librairie éphémère

Le Visage Vert et le Black Herald à la librairie éphémère, Halle Saint Pierre, Paris, jusqu’au 5 janvier 2012.

La librairie éphémère, organisée par les éditions l’oeil d’or et Passage Piétons présente la production de plus de cinquante éditeurs indépendants.

entrée libre
en semaine 10 h-18 h / samedi 10 h-19 h / dimanche 11 h-18 h
les 24 et 31 décembre 10 h-16 h / fermeture les 25 décembre et 1er janvier
renseignements 01 42 58 72 89

Halle Saint Pierre, Librairie Ephémère , 2 rue Ronsard, Paris XVIIIe.

Oyez, oyez le noir héraut – par Frédéric Saenen

Fonder une revue de poésie, en misant de surcroît sur le polyglottisme, peut apparaître comme une entreprise insensée à l’époque actuelle ; un défi qui mise à la fois sur la confiance dans le support papier, sur la diffusion d’une parole exigeante et quintessenciée et sur une ouverture d’esprit à 180° – ce qui, dans le chef des contemporains, s’avère trop souvent une déclaration de principe plutôt qu’une authentique curiosité.

Le duo que forment Blandine Longre et Paul Stubbs a relevé le gant. Voici que leur Black Herald (le « Héraut noir », en référence peut-être au premier recueil du Péruvien César Vallejo, publié en 1919) s’avance, élégant et porteur d’illuminations à colporter. Le principe est fondé sur une dynamique simple : proposer des textes d’auteurs actuels ou passés dans leur langue d’origine et les traduire, tantôt en français, tantôt en anglais.

La deuxième livraison de cette jeune publication nous donne donc rendez-vous dans les couloirs de Babel et nous amène à de surprenantes découvertes. Ainsi de Dimíter Ánguelov, Bulgare exilé au Portugal qui livre dans la langue de Pessoa quelques pages de prose mordante, à la lisière du réalisme magique. Avec ses Petits films en prose, échos esthétiques de quelques paragraphes sur Jean Renoir ou Eisenstein, Jacques Sicard envisage chaque œuvre cinématographique comme « une singularité, à savoir une forme détachée de tout » et transmet subtilement l’intime perception qu’il en a reçue. John Taylor a quant à lui traduit des aphorismes de Georges Perros en anglais, dont celui-ci, qui pourrait tenir lieu de programme au Black Herald : « Le poème attrape toutes les maladies. Cobaye. Pour sauver le langage courant. » Et c’est sans compter l’ample équipée des Cavaliers de la nuit qu’évoque Laurence Werner David ou encore la très belle exploration des « territoires de l’absence » signée Jean-Baptiste Monat…

Les découragés d’office qui, à la feuilleter en hâte, ne verront qu’élitisme dans le parti pris de The Black Herald de se tenir au plus près du langage et des langues, passeront à côté d’une revue qui assume de se mettre pleinement au service de la littérature, en jouant son indispensable rôle de passeur. Passeur de mots, de vérités précaires, de risques aussi. Embarquement immédiat !

Frédéric SAENEN

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article paru dans le n°33 du Magazine des Livres (en kiosque)

The Black Herald, Literary magazine / revue de littérature, n°2, septembre 2011, 162 pages, 13,90 €. http://blackheraldpress.wordpress.com

Le Visage vert et le Black Herald en lecture

Le 28 décembre 2011 à 15h

Halle Saint Pierre, Librairie Ephémère , 2 rue Ronsard, Paris XVIIIe.

(Entrée gratuite)

Clémentine Marmey, comédienne, Jean-François Mariotti, metteur en scène (Compagnie L’Héautontimorouménos) et Romain Verger, écrivain, vont débusquer apparitions et illuminations dans quelques textes choisis dans les revues le Visage vert et le Black HeraldCette lecture s’inscrit dans le cadre de la Librairie éphémère qui se tiendra du 13 décembre au 5 janvier.

The Black Herald #2: Freedom from the necessity of success – by Lisa Thatcher

“If anything properly defines the beautiful work collected in The Black Herald #2 it is anti-establishment. The editors need the writers to be great – no more than great – they must also lack self-consciousness. They must hint at their age and be a whiff of something forthcoming. None of this, claims Paul Stubbs in his excellent introductory essay, is available to be ‘taught’ in the odious literary classroom and he infers, can’t be taught at all. Paul’s cry is that of the sackcloth wearing wilderness prophet – a contemporary Elijah – his Ba’al the sanitized classroom conversation preaching ‘creativity’ – instead Paul demands the best of what a human creature can produce.  Paul wants none of the domestic security produced by marrying literature (Ahab) with capitalism (Jezebel) to produce works of comfort and sanctuary – the taming of  perspicacity. He stands, wielding the works of Nietzsche and Rimbaud, unkempt and wild, demanding the writer produce the work

“… out of his own reality – to the point at which he is afterwards unable to endure his own work.”Nietzsche.

Paul Stubbs wants blood. And nothing other than blood is an answer to literatures call.”

Lisa Thatcher

To read the review 

The Black Herald 2 – L’éditorial / The editorial

The editorial of issue 2 can now be read online.

L’éditorial du numéro 2 est désormais en ligne. 

by Paul Stubbs

“In a recent essay, ‘The Mirage of poetic evolution in Britain since Eliot’, I wrote: ‘The poet of the 21st century will, like any animal, be subject only to the continuing processes of adapting to his own biological environment, to create a poetry that must strive in its imagination to actually affect the planetary balance (…) The pen in the hand today need be no more than the needle of the seismograph, recording and tracing across the page the polysemic tremors of the modern mind.

What will be required to make this happen is, among others, an end to the ‘creative classroom’ (this Anglo-Saxon invention—while a rarity in the major cities of Europe—was a trend started in the USA that then moved on to become a profitable plague that has completely saturated the universities and schools in Britain), or the ‘pedagogical trough’ as Rimbaud once so eloquently put it. The ‘poetry’ workshop must first, like a disused church, be boarded-up, closed down, and its ‘teachers’ forced once again to endure their own imaginative ‘slave-labour’, to pick up and use the pen (again?) as something akin to a pneumatic drill to smash and break up the rocks and gravel of those languages still trapped within the sediment of our ‘ancient’ brains. What is clear though is that these ‘facilitators’ are only capable of providing artificial respiration for ‘pupils’ unable yet to understand the imaginative measure of their own breathing.”

Read more

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“Dans un récent essai, « Mirage de l’évolution poétique en Grande-Bretagne depuis Eliot », j’écrivais : « À l’instar de n’importe quel autre animal, le poète du XXIe siècle sera seulement assujetti à s’adapter sans relâche à son propre environnement biologique, à créer une poésie dont l’imaginaire devra s’acharner à affecter réellement l’équilibre planétaire (…) Aujourd’hui, quedoit être la plume du poète, sinon l’aiguille du sismographe enregistrant et traçant sur la page les secousses polysémiques de l’esprit moderne ?»

Pour y parvenir, il sera entre autres nécessaire de mettre un terme aux « cours d’écriture créative » (cette invention anglo-saxonne, rarement mise en pratique dans la plupart des pays européens, fut lancée aux États-Unis avant de devenir un fléau lucratif qui a complètement saturé les universités britanniques) soit, selon les termes éloquents de Rimbaud, « le râtelier universitaire ». L’atelier prétendument poétique doit avant tout être condamné telle une église désaffectée, ses portes et fenêtres obturées, ses « enseignants » contraints d’endurer leur « travail imaginatif de forçat » et de s’emparer (de nouveau ?) du stylo pour s’en servir davantage comme d’un marteau-piqueur, afin que soient brisés rocs et graviers des langues encore figées dans les sédiments de nos cerveaux « antiques ». Il reste que ces « animateurs » d’atelier sont exclusivement capables de fournir une respiration artificielle à des « élèves » eux-mêmes encore inaptes à d’appréhender le rythme imaginatif de leur propre souffle.” (traduit de l’anglais par B. Longre)

Lire la suite

(photo : Romain Verger)

The 2nd issue of The Black Herald was released in September

Le 2e numéro du Black Herald a paru en septembre

#2 – September 2011 – Septembre 2011 / 162 pages – 13.90 € – ISBN  978-2-919582-03-7

Poetry, short fiction, prose, essays, translations / Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

 

blackheraldpress.wordpress.com/magazine/the-black-herald-issue-2/

Online / En ligne

blackheraldpress.wordpress.com/magazine/the-black-herald-issue-2/en-complement-to-read-on-line/

• Le sommaire / the contents

• A poem by Jos Roy in original version & translation / Un poème de Jos Roy, accompagné de sa traduction en anglais.

• Un texte inédit de Jacques Sicard (à propos de The Murderer de Na Hong-jin).

• Rimbaud & the New Inquisition (an excerpt from Paul Stubbs’s essay).

To order and/or know in which bookshops the magazine is stocked:

Pour commander et/ou trouver la revue :

http://blackheraldpressbookshop.blogspot.com/p/add-to-cart-ajouter-au-panier.html

http://blackheraldpress.wordpress.com/buy-our-titles/

Au salon de l’Autre Livre

Le Visage Vert & Black Herald Press, 18 novembre 2011, Paris

“Bien écrire, ça ne veut rien dire…”

De l’écritureGeorges Perros (extrait du Black Herald 2)

Bien écrire, ça ne veut rien dire. Aujourd’hui, on ne peut que souhaiter la rupture totale. Ce n’est pas facile. Il ne faut pas le faire exprès, mais vivre. Ce que j’aime chez un écrivain, c’est ce qui lui échappe, à partir d’une élimination. La littérature n’a de sens que monstrueuse. Écrire, c’est Balzac, c’est Hugo, c’est Proust. Dragueurs en folie.

On Writing, Georges Perros – Translated from the French by John Taylor (excerpt from The Black Herald 2)

Writing well is a meaningless notion. Today, you can only hope for a total rupture. This is not easy. You mustn’t do it intentionally, but rather live. What I like in a writer is what escapes him, after he has done his eliminating. Literature makes sense only when it is monstrous. Writing is Balzac, Hugo, Proust. Dragnet fishermen gone mad.

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The three volumes of Papiers collés (Gallimard, 1960, 1973, 1978) by Georges Perros have long enjoyed a cult status among French readers (and especially writers). Literally, “papiers collés” refers to “glued bits or scraps of paper” forming a collage. Perros also puns on the word “papier,” which alludes here to the reviews and personal essays that he wrote for literary magazines in the 1960s and 1970s. Paper Collage in fact gathers short prose writings of several kinds, including maxims, a genre in which Perros excelled. With typical modesty, the author called himself a “journalier des pensées,” a day laborer who tills thoughts.

— Georges Perros, Papiers collés 3, © Éditions Gallimard, 1978. [French original reprinted with permission.]

Erratics

‎”In a Fallen (= literally organized) world, conventional poetry carries the day because it reinforces and is reinforced by the institutions that support conventions. Avant-garde temptation is to blow up the Mausoleum of Tradition and to present its swirling debris as art.” – Clayton Eshleman, extract from ERRATICS in The Black Herald 2.

Librairie, Paris

The Black Herald (numéros 1 & 2)revue de littérature, est en vente à L’ÉCUME DES PAGES
 174, boulevard Saint Germain, Paris VIe

blackheraldpress.wordpress.com/buy-our-titles/

Bookshop, New York

The Black Herald, issue 2 is available in McNally Jackson Bookshop.

52 Prince Street, New York City, NY 10012.

http://mcnallyjackson.com/about-us

The Black Herald 2

Online / En ligne

• Le sommaire / the contents

• A poem by Jos Roy in original version & translation / Un poème de Jos Roy, accompagné de sa traduction en anglais.

• Un texte inédit de Jacques Sicard (à propos de The Murderer de Na Hong-jin).

• Rimbaud & the New Inquisition (an excerpt from Paul Stubbs’s essay).

Rimbaud and the New Inquisition

“Traditions in literature are of course the last bloody yard fought for on the battlefield in the war between writers of a mediocre talent and those of a convulsively dull one. And Rimbaud seems to have learned at a ferocious pace that these people are beyond persuading and are best left to swing themselves from the gallows of their forever fixed mind-states.”

(excerpt from “Rimbaud and the New Inquisition” by Paul Stubbs,

in The Black Herald 2)

paulstubbspoet.wordpress.com/2011/10/08/rimbaud-and-the-new-inquisition/

Vérité léopardienne

‎”Vérité léopardienne – prenez l’unité de temps d’un jour – dans ses limites, répétez toujours la même chose, allez inlassable du même fait au même geste – et vous aurez l’impression que la nuit vient encore plus tôt qu’au solstice d’hiver – miracle de brièveté – c’est Jeanne Dielman au quotidien – et c’est le propre du cinéma qui n’est un art du temps que parce qu’il en fait l’ellipse – ici, cent quatre-vingt-treize minutes de projection tiennent dans un clignement.” – Jacques Sicard, extrait de Petits films en prose, dans The Black Herald 2.

en complément, on peut aussi lire The Murderer – Na Hong-jin de Jacques Sicard (inédit).

Celan / Bachmann

Ingeborg Bachmann, Paul Celan, Herzzeit: der Briefwechsel (Suhrkamp, 2008)
Ingeborg Bachmann, Paul Celan, Correspondence (Translated by Wieland Hoban, Seaguul books, 2010)
Ingeborg Bachmann, Paul Celan, Le Temps du coeur, Correspondance (Traduction de l’allemand Bertrand Badiou,  octobre 2011 Editions du Seuil)

Chronique d’Anne-Françoise Kavauvea initialement parue dans  The Black Herald #1 

“Je suis entrée un peu comme une voleuse dans la correspondance entre Paul Celan (1920-1970) et Ingeborg Bachmann (1926-1973), Herzzeit, publiée chez Suhrkamp en 2008, encore inédite en français. Ma fascination pour l’œuvre de ce poète, suspendue entre la limpidité d’un langage dépouillé et les arcanes d’un univers tourmenté, dont les textes sont gravés dans la pierre et le sable, explique peut-être ce désir de m’immiscer dans l’intimité de cet échange entre deux êtres torturés par une angoisse existentielle et poétique. J’avais peut-être aussi envie de rendre un corps à celui qui avait choisi, ce 20 avril 1970, de disparaître dans les flots de la Seine depuis le mélancolique Pont Mirabeau, de découvrir quel homme se dissimulait derrière ce poète voué à l’universel.”

Lire ici

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Contributeurs / contributors

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une plaie d’infini

Un poème de Jos Roy, traduit en anglais, en complément du Black Herald 2, est en ligne.
A poem by French poet Jos Roy (original version & translation) can be read online.

blackheraldpress.files.wordpress.com/2011/09/jos-roy-poc3a8me-version-originale-et-traduction2.pdf

Le blog de Jos Roy http://belarbeltza.blogspot.com/

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