“You cities of Euphrates, You streets at Palmyra…”

The Ages of Life

 

You cities of Euphrates,

You streets at Palmyra,

You forests of pillars in the desert plain,

What are you?

Your crests, as you passed beyond

The bounds of those who breathe,

By smoke of heavenly powers and

By fire were taken away;

But now I sit beneath clouds, in which

Peculiar quiet comes to each one, beneath

A pleasing order of oak-trees, on

The heath where the roe-deer feed, and strange

To me, remote and dead seem

The souls of the blessèd.

 

Friedrich Hölderlin
From Selected Poems and Fragments
(translated from the German by Michael Hamburger – Penguin Classics, 1998)

***

Lebensalter

 

Ihr Städte des Euphrats !

Ihr Gassen von Palmyra !

Ihr Säulenwälder in der Eb’ne der Wüste,

Was seid ihr?

Euch hat die Kronen,

Dieweil ihr über die Gränze

Der Othmenden seid gegangen,

Von Himmlischen der Rauchdampf und

Hinweg das Feuer genommen;

Jezt aber siz’ ich unter Wolken, darin

Ein jedes eine Ruh’ hat eigen, unter

Wohleingerichteten Eichen, auf

Der Heide des Rehs, und fremd

Erscheinen und gestorben mir

Der Seeligen Geister.

 

 *friedrich_hoelderlin

‘Death of Utopia’ – Paul Stubbs

tumblr_nbao94bw5x1qzru3oo1_400“in end-times, when Hell is certain, and

Eliot, not Christ, he rots back onto the

grass…”

 Paul Stubbs, ‘Death of Utopia’

(After A Piece of Waste Land, Francis Bacon, 1982)

 

The poem & its French translation:

http://blongre.hautetfort.com/archive/2014/08/25/mort-de-l-utopie-paul-stubbs-5433565.html

“Ne cherchons pas à comprendre.”

tumblr_nbr8ahJm1e1qzru3oo2_500“Ne cherchons pas à comprendre. Comprendre est le plus souvent en art un jeu puéril et naïf, l’aveu d’une sensibilité ralentie, la revanche intellectuelle du spectateur affligé d’anesthésie artistique. Celui qui ne comprend pas et s’obstine à comprendre est, à priori, celui qui ne sent pas. Le même, après lecture de Mystique, hochera la tête interrogativement et devant une toile imprévue cherchera, sur le bord du cadre, l’indication du « sujet » en murmurant : « Qu’est-ce que ça peut bien représenter ? » — Néanmoins, à défaut de légendes, d’explications, de clés, à défaut de symboles concrets et parlants, on est en droit de réclamer du peintre exposant son œuvre ou de l’écrivain donnant le bon à tirer, une certaine part de joie, un sursaut, une petite angoisse douce, un éveil d’énergie, une suggestion ou, plus simplement, une sensation.”

Victor Segalen, Le Double Rimbaud (Le Mercure de France, 15 avril 1906)

 

“Poetry is not verse” – David Gascoyne

4172tmE2H9L“Poetry is not verse, it is not rhetoric, it is not an epigrammatic way of saying something that can be stated in prose, nor is it an argument or reportage. In England, the whole question needs to be cleared up and restated. What I call poetry is not understood in England, but I believe it to be something of far greater value than what is at present understood there. The tradition of modern English poetry is really something quite different from the tradition of Hölderlin, Rimbaud, Rilke, Lorca, Jouve. — I belong to Europe before I belong to England.”

5 August 1938 – David Gascoyne,
Journal 1937-1939
(Preface by Lawrence Durrell, Enitharmon Press, London, 1978) 

“revue inclassable et porteuse de mouvements”

à propos du Black Herald
note parue dans “cahier critique de poésie” n° 26 (décembre 2013)
http://www.cipmarseille.com/publication_fiche.php?id=be66b55c8fbe31d67189b17782f5c31c

 

http://blackheraldpress.wordpress.com/magazine/

 

CCP 26

John Taylor and his authors

“Translating has helped me to know myself better, to find my genuine literary sensibility. Translating has long been intimately related to my personal writing. I constantly move between translating, reviewing, and writing. ‘Bon qu’à ça,’ as Samuel Beckett put it: ‘Good for nothing else.’”

Read the interview with John Taylor, literary translator, on Authors & Translators.

http://authors-translators.blogspot.it/2013/09/john-taylor-and-his-authors.html

John Taylor’s translations of Calaferte, Georges Perros & Laurence Werner David have appeared in various issues of The Black Herald.

*

8 may 1625

tumblr_mn3xqcmpOx1qzru3oo1_1280John Donne.

à propos du Black Herald, livre organique (par Michel Gerbal)

Nous reproduisons ci-dessous un texte de Michel Gerbal, publié sur son blog.

“La revue le Black Herald  constitue, de chacun de ses numéros, jusqu’à celui-ci, le #4 inclu,  un livre. C’était frappant déjà pour le numéro précédent: la perception immédiate d’un ou plusieurs fils à la fois suffisamment souterrains et éloquents pour faire de ce qui, sans eux, n’auraient été qu’une mise en côte-à-côte de textes, un livre. Nommer ces fils n’a rien d’évident – à l’instar d’un bon livre dont le fil directeur ne se laisse pas résumer. Il y avait pourtant une atmosphère de cendres, de séismes plus ou moins enfouis, une violence à l’oeuvre ou à la question, une rumeur de destruction, post-apocalyptique, jusque au coeur des tableaux de famille.
Les textes du Black Herald se déploient autour d’une problématique – qui n’a rien d’un jeu d’intellectuel, et pour les meilleurs textes – seulement incidement “littéraires” -, une charge affective faudrait-il dire plus justement: ce qui constitue bien le propre d’un livre – digne de ce nom – un livre qui n’est pas une thèse.
Pas de doute à mes yeux: si les artisans du Black Herald parviennent ainsi à composer un tel ensemble organique, c’est que eux-même sont des créateurs – et qu’un créateur ne peut pas faire autrement que répondre de manière quasiment instinctive à l’injonction d’ordonner-et-faire-sonner les éléments dont il dispose ( et qu’il ne choisit pas nécéssairement ) de la manière la plus complexe possible. Ce qui revient à dire: en évitant la banalité d’un thème trop explicité, du chemin d’avance connu. La grande littérature est toujours complexe – à ne pas confondre avec compliqué: elle est complexe d’une complexité comparable à celle d’un système immunitaire, qui se rend apte à répondre à des stimuli externes de formes inconnues à lui-même, des formes qu’il n’a jamais rencontré, en nombre et en variété immenses et mouvants – et ce à partir de quelques éléments limités en nombre: la vraie littérature est une invention de la complexité à partir d’une simplicité relative. Et le résultat de cette opération – un résultat nommé “poème” – est l’équivalent psychique d’une machine organique capable d’inter-réagir aux sollicitations, inouïes, de chaque lecteur, à partir d’une quantité forcément limitée de mots et de phrases. De même, l’assemblage psychique du lecteur est provoqué par le poème, caressé et menacé par lui, et lire – cela consiste à désirer d’abord, puis répondre aux sollicitations du livre, de telle manière qu’entre les combinaisons de l’un et de l’autre, il se passe à peu près ce qui se passe entre deux escargots, chacun à la fois mâle et femelle, au moment de copuler: qui est l’un, qui est l’autre, à cet instant, qui pénètre, qui pénétré, ou encore, semblable, lors d’un orage d’été,  aux grandes décharges éléctriques au sein des masses nuageuses.
Le Black Herald n’est pas une revue ( un livre ) facile. Ce n’est pas tant que chaque texte soit en fait volontairement abscons; ni même, la difficulté – à mes yeux passionnante mais réelle – du multilinguisme. Mais c’est que chaque texte choisi est suffisamment exigeant et maitrisé pour imposer sa propre approche, ses propres rythmes de lecture, son univers particulier. C’est aussi, et surtout, que l’on sent bien ce ou ces fils dont je parlais au début. La perception à la fois vague et tenace de cette unité rend d’autant plus intrigants, provocateurs, les sautes ” stylistique” d’une partie à l’autre de l’ensemble. Or c’est précisément ce qui fait du Black Herald jusqu’à présent à chaque fois un vrai livre: un ensemble avec failles et agglomérats, et – tout porteur de souffle et de sens. Et par “souffle” et “sens” – ( mais je développerais cela peut-être une autre fois ), ce n’est pas métaphoriquement que je l’entends. “

*

The Black Herald
Literary magazine – Revue de littérature

Issue #4 – October 2013 – Octobre 2013
164 pages – 15€ / £12.90 / $20 – ISBN 978-2-919582-06-8 (ISSN 2266-1913)

Poetry, short fiction, prose, essays, translations.
Poésie, fiction courte, prose, essais, traductions.

With / avec Steve Ely, Pierre Cendors, Edward Gauvin, Paul B. Roth, Jean-Pierre Longre, Rosemary Lloyd, Boris Dralyuk, Paul Stubbs, Georgina Tacou, John Lee, Cristián Vila Riquelme, Philippe Muller, Michael Lee Rattigan, Desmond Kon Zhicheng-Mingdé, Vasily Kamensky, David Shook, Oliver Goldsmith, Michel Gerbal, Gary J. Shipley, Anthony Seidman, Fernando Pessoa, Cécile Lombard, Anne-Sylvie Salzman, Heller Levinson, Jorge Ortega, Blandine Longre et des essais sur / and essays about Robert Walser, Arthur Rimbaud, Raymond Queneau, E.M. Cioran. ImagesRaphaël Lugassy, Pierre Cendors. Design: Sandrine Duvillier.

Pour en savoir plus (contributeurs, sommaire, etc.)

*

 

“toutes les rues de la vie oublieuse”

“Le poète se remarque à la quantité de pages insignifiantes qu’il n’écrit pas. Il a toutes les rues de la vie oublieuse pour distribuer ses moyennes aumônes et cracher le petit sang dont il ne meurt pas.”

René Char (À une sérénité crispée, 1952)

“Souffrons donc l’affection subite du langage.”

“It is a good direction to believe that this language which is so scored and impressed by the commotion of all of us since its birth can be arranged to in its turn impress significantly for the good of each individual. Let us endure the sudden affection of the language.”
W.S. Graham, ‘Notes on a Poetry of Release’ 

“C’est une bonne direction, celle qui consiste à croire que ce langage, depuis sa naissance si marqué, si creusé par notre brouhaha collectif, peut être disposé de manière à laisser à son tour une impression significative pour le bien de chaque individu. Souffrons donc l’affection subite du langage.”
W.S. Graham, “Notes sur une poésie de la libération”.
(traduction Anne-Sylvie Homassel)

extrait de Les Dialogues obscurs, poèmes choisis, W.S. Graham (Black Herald Press, 2013)
excerpt from The Dark Dialogues, selected poems, W.S. Graham (Black Herald Press, 2013)

http://blackheraldpress.wordpress.com/books/les-dialogues-obscurs-the-dark-dialogues-w-s-graham/

Les Dialogues obscurs

Les Dialogues obscurs

“on énumère jusqu’au miracle”

“on énumère jusqu’au miracle.
on arrache l’infini à ce qui plus tôt
advint et fut nommé.”

Jos Roy

*

Plusieurs poèmes de Jos Roy à lire dans les numéros 2 et 3 du Black Herald

http://blackheraldpress.wordpress.com/2012/09/15/jos-roy-poemes-poems/

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